Ce qu’il faut retenir de la 1ère journée de l’Euro

L’Euro 2016 a débuté et déjà toutes les nations ont effectué au moins un match dans la compétition. Après une cérémonie d’ouverture au goût étrange, les principaux cadors n’ont pas trop déçu, si ce n’est la Belgique. L’accent est surtout à mettre sur l’absence de scores fleuves, preuve qu’un Euro à 24 n’est pas forcément prétexte à ridiculiser des nations qui ont peu l’habitude de jouer à ce niveau. Retour sur les événements cruciaux de cette 1ère journée de l’Euro.

Un David Guetta en play-back

David-Guetta-le-10-juin-2016_exact1024x768_l

La cérémonie d’ouverture de l’Euro ne restera pas dans les annales. La chorégraphie en mode french can-can semblait désuète voir dépassée, mais bon passons. Il s’agit là d’un court événement qui ne fera pas date dans la compétition. En revanche la prestation de David Guetta a fait parler sur la toile, bien plus que la tenue moulante de Zara Larsson. Il faut dire que le DJ semblait tout faire sauf mixer, si ce n’est actionné la boîte à tubes avec son air goguennard. Un David Guetta qui lève les bras avec son casque, on a connu mieux comme ambianceur du Stade de France. Comment ? Maître Gims ?

Un match d’ouverture tendue

13350280_1121161737945023_7264981092023241173_o

La bande à DD n’avait pas le droit de se rater lors de ce match d’ouverture face à la Roumanie. Observés par tout un peuple, les Bleus avaient une pression supplémentaire avant d’aborder ce match. Et on les a sentis timides dès le début, puisque c’est bien Stancu sur coup de pied arrêté qui aurait pu stopper la fête. Mais Hugo Lloris est revenu rappeler à tous que la France n’avait pas le droit de se louper. Dans un match compliqué, face au double rideau défensif des Carpates, il a fallu le 8ème but de Giroud en 8 match et un éclair de Payet pour laver l’erreur de Patrice Evra. Quand on sait que tous les favoris ont galéré à gagner pour ce début de compétition, on se dit que le plus dur est fait et qu’il faut désormais enchaîner et grandir.

Le festival des 1-0

le-capitaine-albanais-lorik-cana-fait-une-main-volontaire_1057076_500x286

Le constat est là, pour ce début d’Euro, les écarts entre les équipes sont faibles, du moins sur le tableau d’affichage. Angleterre, Allemagne, Espagne, Portugal ou encore France ont dû affronter les bus des différentes équipes pour espérer commencer par une victoire. Même la Pologne, à qui on promettait un carton face à l’Irlande du Nord grâce à Robert Lewandowski, n’a débloqué la situation que par l’intermédiaire de Milik. Ces résultats ne sont pas que le fruit de la solidité défensives des équipes non favorites pour l’Euro. A l’image de l’Angleterre, tous les feux ne sont pas encore au vert pour les favoris et cela peut se comprendre puisque l’Euro est une compétition longue d’un mois. Entre les gros morceaux qui vont monter en régime et la difficulté pour les autres nations à imposer un rythme de feu en trois matchs, les écarts ne vont cesser de grandir.

La Croatie, un outsider au dessus du lot ?

2337607

Outre l’Angleterre, c’est bien la Croatie qui a impressionné durant ces premiers matchs de l’Euro. Bien que vainqueur d’un petit but face à la Turquie, la justesse techniquesdes croates a fait plaisir à voir, à l’image des Rakitic et Perisic et encore plus de Luka Modric. Le madrilène a d’ailleurs conclut sa prestation d’une superbe volée. Si la sélection au damier continue sur ce rythme, il pourrait peut-être inquiéter l’Espagne et viser une place dans le dernier carré, chose que les croates n’ont plus fait en compétition internationale depuis 1998, avec la bande de Davor Suker.

Le niveau de jeu de l’Italie et la déception belge

816206-l-equipe-d-italie-pose-avant-le-match-de-qualification-pour-l-euro-2016-contre-l-azerbaidjan-le-10-o

Déclarée « pire Nazionale de tous les temps », l’Italie avançait la tête baissée dans cet Euro. Même si les matchs préparatoires ne veulent rien dire, la Squadra n’avait vaincu l’Ecosse que d’un but, alors que on l’a bien vu, les Scottish sont loin d’être un standard européen. Et pourtant pour ce premier match, l’Italie a mangé tactiquement la Belgique. Tout d’abord la défense à 3 de la Juve, accompagné d’un rugueux De Rossi, a contré toutes les frappes belges et anticiper pratiquement tous leurs mouvements. Ensuite la sélection de Conte a proposé durant toute la partie un jeu direct qui a cassé les lignes des moules-frites. C’est d’ailleurs ce jeu direct et précis qui a permis aux ritals d’ouvrir la marque grâce à une superbe ouverture de Chiellini sur Giacherrini. On a même trouvé que Eder et Immobile étaient des attaquants pas si dégueulasse que ça. En face, la Belgique allait vite mais était encore bien trop juste. Seul Hazard a semblé au niveau pendant que Kévin De Bruyne se perdait sur les ailes, comme son compère Verthonghen. On ne comprend pas non plus le positionnement de la touffe blonde Fellaini en 10 et encore moins le fait de mettre Lukaku tout seul en pointe face au trio Bonucci, Barzagli, Chiellini. Pour l’instant la Belgique n’a pas les armes pour atteindre le dernier carré de l’Euro.

Les premières fois

Iceland-celebrate-against-009

Elles sont 3  nations à découvrir l’Euro. L’Albanie, la Slovaquie, et l’Islande. Et parmi ces 5 là, il y a différents niveaux de jeu. L’Albanie et la Slovaquie ont montré du jeu, mais les deux sélections ont montré leurs limites physiques et techniques. L’Irlande du Nord, qui a participé à son premier Euro depuis 1964, et l’Islande ont adopté la technique du bus, 11 derrière et on prie pour qu’un contre soit décisif. Cela n’a pas fonctionné du côté irlandais puisque les coéquipiers de Kyle Lafferty n’ont cadré aucun tir face à la Pologne (Pologne qui a d’ailleurs connu sa 1ère victoire à l’Euro). L’Islande a été plus heureuse, puisqu’elle a obtenu le point du match nul contre le Portugal, en proposant un jeu à base de kick’n rush, la défense prend le ballon et on balance devant. Le Pays de Galles, grand revenant de l’Euro, est le grand vainqueur des 5, mais opposé à la Slovaquie la sélection galloise doit sa victoire à la fébrilité défensive slovaque plus qu’à son niveau de jeu. Les vrais tests seront contre la Russie et surtout l’Angleterre.

Les surprises

Tamas Priskin (R) of Hungary and teammates celebrate scoring during the UEFA 2016 European Championship qualifying playoff football match between Hungary and Norway at the Groupama Arena stadium in Budapest, Hungary on November 15, 2015. ATTILA VOLGYI

Bien que les scores soient timorés, cette 1ère journée a eu aussi son lot de surprises. On commencera par les « victoires volées ». A commencer par l’Angleterre, qui se fait rejoindre dans les derniers instants par la Russie, alors que les Britanniques ont proposé du jeu et eu les occasions pour inscrire 4 à 5 buts. Même chose pour le Portugal, le niveau de jeu en moins. Face à des vikings ultra-défensif, les portugais ont encore déçus, inscrivant certes un but mais ne confirmant pas l’excellente prestation du 7-0 face à l’Estonie. Côté surprise, il n’y en a qu’une, à savoir la victoire de la Hongrie sur son voisin autrichien. L’Autriche entamait pourtant l’Euro avec le statut d’outsider. Outre David Alaba, les autrichiens sortaient d’une phase de qualification où ils n’avaient pas connu la défaite et où ils avaient dominé la Russie et la Suède. Mais voilà, la Hongrie a joué crânement sa chance, et alors qu’ils sont venus en France par l’intermédiaire des barrages, les magyars ont puni par deux fois leurs adversaires. Bien partie pour une qualification en huitième de finale, on ne sait que penser de la Hongrie. En revanche l’Autriche doit impérativement se rattraper, et le défi sera de taille pour vaincre le Portugal ou l’Islande.

Le hooliganisme dans toute sa laideur

Euro-2016-Marseille-la-police-n-a-pu-interpeller-aucun-des-150-hooligans-russes

Depuis l’événement du drapeau tunisien brûlé par des supporters anglais en 1998, on s’attendait encore à un gros niveau de jeu du côté des cerveaux malades des hooligans. Et le théâtre de ce triste spectacle a été, comme en 1998, Marseille. En marge du match Angleterre-Russie, « supporters » anglais, russes et français ont jugé bon de se mettre sur la gueule plutôt que regarder les 11 nationaux le faire à leur place. Car c’est bien là la beauté du sport, les confrontations nationales ont permis de mettre un terme aux vélléités guerrières. Les matchs, les victoires, les défaites en Europe ne sont plus militaires mais bien sportives. Les gladiateurs dans l’arène ne sont plus des esclaves ou des soldats mais bien des sportifs, des icônes superstars qui doivent représenter et honorer les couleurs de leur pays. Le conflit russo-ukrainien est malheureusement là pour nous rappeler combien la paix est fragile. Les faits de hooliganisme à Marseille sont aussi là pour nous montrer que la paix est d’autant plus fragile à préserver quand une bande de connards se met sur la gueule pour prouver à l’autre qu’il a la plus grosse. Le pire c’est que ces faits là ne sont pas rester en dehors du stade, puisque des débordements ont eu aussi lieu au Vélodrome. Le sport serait-il donc un énième prétexte pour justifier les faits de la montée du nationalisme en Europe ? Au vue des autres confrontations qui se sont passées dans le calme, au vue de la joie qui transpire chez les supporters irlandais, au vue des 10% de l’Islande qui se sont déplacés à Saint-Etienne, on se dit que le sport c’est bien plus que ça, c’est bien plus que la beaufitude, les bars, les frites et la bière. Le sport doit avant tout être un vecteur de paix, et l’Euro, tout comme les JO s, doivent nous le prouver une nouvelle fois en 2016, année où chacun craint l’autre de peur qu’il n’ait une bombe sous son manteau.

Par Kévin Veyssière

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s